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L'indice de la peur explose : faut-il vendre ? Ce qu'ont fait les marchés après chaque panique depuis 2000

Quand l'indice de la peur dépasse 40, la plupart des gens veulent sortir. J'ai regardé ce que le marché a fait ensuite, en Europe depuis 2000 et aux États-Unis depuis 1990. Et ce qu'aurait coûté le réflexe de vendre.

Par Baptiste_Lambin · 16/10/2026 · 6 min de lecture

Mars 2020, octobre 2008, avril 2025 : à chaque crise, un chiffre fait les titres, « l'indice de la peur s'envole ». Et à chaque fois, la même question : faut-il vendre avant que ça empire ?

J'ai voulu savoir ce qui s'est réellement passé ensuite.

L'indice de la peur, c'est quoi ?

Aux États-Unis, c'est le VIX ; en Europe, son équivalent est le VSTOXX. Ils mesurent l'ampleur des secousses que les investisseurs attendent pour les semaines à venir, d'après le prix des options. Le surnom d'« indice de la peur » vient d'un article de Robert Whaley, en 2000.

Pour fixer les idées :

Comment j'ai mesuré

Pour chaque jour depuis 2000 en Europe (et 1990 aux États-Unis), j'ai relevé le niveau de peur, puis regardé ce qu'a fait le marché dans le mois, l'année et les trois ans qui ont suivi, dividendes compris, en achetant le lendemain. Le marché, c'est l'Euro Stoxx en Europe et le S&P 500 aux États-Unis.

Un an après, selon le niveau de peur (Europe)

Indice de la peur (VSTOXX)Part du tempsMarché 1 an après (moyenne)En hausse 1 an après
moins de 1514 %+8 %72 %
15 à 2031 %+8 %74 %
20 à 3040 %+1 %55 %
30 à 409 %+10 %72 %
plus de 407 %+21 %87 %
un jour quelconque+6 %67 %

Après une panique, le marché a fait en moyenne +21 % sur l'année suivante, et il était en hausse près de neuf fois sur dix. Un jour ordinaire, c'est +6 % et deux fois sur trois. Trois ans après une panique, il était en hausse 97 % du temps.

Aux États-Unis, sur une période plus longue, c'est encore plus net : après un VIX au-dessus de 40, le S&P 500 a pris en moyenne +36 % en un an, et il était en hausse 97 % du temps.

Un détail intéressant : la zone de malaise moyen, avec une peur entre 20 et 30, a été la moins bonne de toutes. Le chercheur Pierre Giot avait fait le même constat sur le VIX en 2005.

Mais la première alerte n'est pas le fond

Voici ce qui s'est passé après chaque première alerte au-dessus de 40 en Europe :

Première alerteMarché 1 an aprèsPire baisse ensuite
septembre 2001−23 %−21 %
juin 2002−16 %−35 %
janvier 2008−43 %−43 %
septembre 2008−2 %−40 %
mai 2010+14 %−9 %
août 2011+7 %−11 %
août 2015−1 %−15 %
février 2020+13 %−28 %
mars 2022+10 %−14 %
avril 2025+32 %−3 %

Acheter dès la première alerte, c'est une chance sur deux d'être en hausse un an plus tard, et parfois encore 40 % de baisse à encaisser. En 2008, le marché a continué de chuter pendant cinq mois.

Acheter au record de la peur aurait presque toujours bien marché : +21 % en un an après le sommet d'octobre 2008, +58 % après celui de mars 2020. Le problème, c'est que ce record ne se voit qu'après coup.

Ce qu'aurait coûté le réflexe de vendre

J'ai simulé l'investisseur qui suit son instinct : il vend quand la peur dépasse 40, place son argent au Livret A, et rachète quand le calme revient, sous 20.

Depuis 2000 en EuropeRésultat
rester investi100 € deviennent 337 €
vendre dans la panique, racheter au calme100 € deviennent 149 €

Le capital final est divisé par plus de deux. Aux États-Unis depuis 1990, c'est pire : ×45 en restant investi, ×13 en vendant dans la panique.

J'ai testé d'autres seuils, avec une vente à 30, 35, 40 ou 50 et un rachat à 20, 25 ou 30 : 9 combinaisons sur 11 font perdre de l'argent, sur les deux continents. Les deux seules qui s'en sortent à peine ne vendent qu'en panique extrême et rachètent vite.

Pourquoi : les meilleurs jours tombent en pleine panique

Sur les 10 meilleures journées de la bourse européenne depuis 2000, 9 ont eu lieu alors que l'indice de la peur dépassait 40. Par exemple :

Aux États-Unis, c'est 10 sur 10.

Celui qui vend dans la panique rate donc précisément les jours qui font la performance. Rater ces 10 journées depuis 2000, c'est passer de 337 € à 158 € en Europe. J.P. Morgan fait le même constat : la plupart des meilleurs jours tombent à moins de deux semaines des pires.

Le lien avec mon étude précédente

Dans mon étude précédente, « Acheter une action à son plus haut : vraiment une mauvaise idée ? », acheter une action qui s'effondre était une mauvaise idée : une action qui chute continue souvent de chuter, et certaines ne s'en remettent jamais.

Pour le marché entier, c'est l'inverse : il a toujours fini par se relever, et les paniques ont été suivies des meilleures années. La différence tient en un mot : la diversification. Une société peut faire faillite ; l'ensemble des grandes entreprises de la zone euro, jusqu'ici, s'est toujours redressé.

Les limites

Ce que j'en tire

Ce n'est pas la crise qui coûte le plus cher, c'est la réaction à la crise. L'indice de la peur mesure surtout… notre envie de vendre au mauvais moment.

C'est une des raisons pour lesquelles je construis Lambin : chaque achat et chaque vente y est daté et enregistré par le serveur. On peut relire, une fois le calme revenu, ce qu'on a fait pendant la tempête. C'est souvent la leçon la plus utile.

Chiffres détaillés disponibles sur demande. Données de marché : EODHD. Cet article décrit une étude statistique et ne constitue pas un conseil en investissement.

Sources

Lambin : ici, personne ne peut mentir sur sa performance.

Chaque achat y est certifié au cours du serveur : les performances des membres et de nos modèles sont vraies, échecs compris. L'accès ouvre bientôt, les inscrits entrent les premiers.

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Cet article est une analyse personnelle de son auteur. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Investir comporte un risque de perte en capital. · Tous les articles · Le guide

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